Notre atelier est installé au lieu-dit Kerharo, sur la commune. Ce n'est pas une adresse de domiciliation : c'est de là que partent les camions chaque matin, et c'est pour ça qu'on est souvent sur place dans l'heure quand une toiture se met à fuir dans le secteur.
La commune ne se résume pas au bourg. Entre Le Pouldu, à l'embouchure de la Laïta, Doëlan et son port encaissé, et Saint-Maurice en bordure de la forêt de Carnoët, on passe d'un bâti de bord de mer à des longères abritées sous les arbres — et les toitures n'y vieillissent pas du tout de la même façon.
Au Pouldu et à Doëlan, ce sont le vent et les embruns qui commandent : ardoises soulevées en rive après les coups de vent d'ouest, zingueries attaquées par le sel. Sur ces maisons, on pose de l'aluminium laqué ou de l'inox plutôt que du zinc, et on renforce les fixations en rive.
Vers Saint-Maurice et la vallée de la Laïta, le problème s'inverse : l'ombre des arbres et l'humidité de la rivière font verdir les versants nord en quelques années. C'est là que le démoussage suivi d'un traitement hydrofuge prend tout son sens.
Le bâti de la commune est très majoritairement traditionnel : longères basses en moellon de granit, encadrements en pierre de taille, couverture en ardoise naturelle à forte pente. Sur ces maisons, on reste sur de l'ardoise naturelle — c'est ce qui respecte leur allure, et c'est ce qui dure.
Et quand le chantier sort de la commune, rien ne change : même équipe, même camion, même façon de laisser le chantier propre en partant. On intervient simplement un peu plus loin — jusqu'à Guidel, juste de l'autre côté de la Laïta.